Lettre n°19, 2/05/02

Bonsoir à toutes et à tous,
Sommaire évidemment très copieux en raison de l'actualité. Je me suis
efforcé de trier pour ne garder que des choses concernant les questions
sécuritaires. Milles excuses aux autres.
Nous avons distribué le 1er mai comme convenu 15000 tracts avec la
déclaration "qui sème…", un rappel du forum du 26 mai et au verso la charte
du réseau. Très bon accueil et nombreuses discussions spontanées.
N'oubliez pas la proposition de réunion du réseau le 10 mai
Bonne lecture,
Frédéric.

 

Sommaire
1) Proposition de réunion du Réseau le vendredi 10 mai, par Serge Q.
2) Appel national au mouvement social et à la résistance populaire
3) Double peine
4) Le site de l'ACRIMED, PLPL, les médias et l'insécurité
5) Un texte de Patrice Bardet, militant associatif et syndical
6) Le nouveau site du Réseau
7) Compte-rendu de la réunion pour l'organisation du Forum, lundi 29 avril
2002
8) Décès de 2 mineurs à la prison Saint-Paul de Lyon
9) Message
10) Un texte de Christophe Gallaz
11) SOS - huissier ....
12) Un texte de Yazid Kherfi
13) Semaine contre les lois sécuritaires
14) Un texte prémonitoire de P. Bourdieu

 

 

1) PROPOSITION DE REUNION DU RESEAU LE VENDREDI 10 MAI, par Serge Q.
Au cours des différentes assemblées générales et discussions de groupe (sur
le forum, sur le recueil), pas mal de gens ont regretté que ces rencontres
ne soient jamais, faute de temps, l'occasion de discussions de fond. Tandis
quel les échéances principales du Réseau (le forum, la parution du recueil…)
se rapprochent et que les choses, de ce côté-là, semblent s'organiser de
manière satisfaisante, le contexte, autour de nous a bougé, dans le sens que
nous savons.
Il nous semble donc opportun de proposer, avant des échéances qui nous
prendront encore plus de temps et d'énergie, une première réunion pour ceux
qui en ont le temps et l'envie, afin de discuter de:
- la situation générale, la nouvelle donne électorale, ce qu'elle signifie
de l'évolution de la société française et particulièrement pour les secteurs
les plus menacés par la fabrique de la haine
&emdash;Affinement de nos analyses: en rédigeant la charte, nous avons décidé de
mettre de côté certains passages proposés qui ne faisaient pas
l'unanimité.Ne pourrions-nous prendre le temps de creuser les désaccords?
(par exemple, la notion d''apartheid social" semble déplaire, sans qu'on
noux explique jamais pourquoi). Les hostilités exprimés ça et là contre tout
ou partie du recueil ne mériteraient-elles pas d'être mieux développées et
expliquées? D'une manière générale, mettre à plat les accords et les
désaccords ne peut qu'asainir des relations certes, dans l'ensemble,
excellentes mais parfois, nous semble-t-il, un peu alourdies de non-dits.
-le rôle du réseau: premier bilan, ce que nous attendons du forum et de
l'après-forum, comment nous concevons l'utilité du recueil et d'autres
publications ultérieures, pouvons-nous relancer les groupes d'observation de
procès?
-Après le forum, le réseau doit-il disparaître et si oui, dans quoi?
La date proposée pour débattre de tout cela est le vendredi 10 mai.
POUVONS-NOUS SAVOIR CE QUE VOUS EN PENSEZ?
Serge Q.

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2) APPEL NATIONAL AU MOUVEMENT SOCIAL ET A LA RESISTANCE POPULAIRE
Le Front National ne passera pas. N'oublions pas les responsables de la
situation. Un autre monde est possible
Le Front National est au second tour des élections présidentielles créant de
ce fait une situation inédite en France. Nous payons ainsi la banalisation
des idées anti-démocratiques et les stratégies complaisantes de la classe
politique à son égard. Et le virus est d‚autant plus dangereux que les
défenses immunitaires font défaut. Nous savons que Le Pen est un fasciste.
Hier tortionnaire en Algérie, il est aujourd‚hui le manipulateur des peurs
et des désarrois. Il a fait de la misère sociale son fond de commerce.
Devenu le producteur permanent du discours anti-immigrés et anti-jeunes
auquel les médias ont offert une tribune systématique, il a réussi à
contaminer les débats, à influencer les comportements et pratiques
politiques françaises. Une société qui refuse la diversité est une société
qui se meurt. Une société qui a peur de sa jeunesse est une société qui n‚a
plus d‚avenir.
Dans le contexte actuel particulier d'effondrement du PS et du PC, nous
militants du mouvement social prenons nos responsabilités : nous appelons à
nous opposer au Front National par tous les moyens, y compris en votant
Chirac au 2nd tour.
RESPONSABLES ET COUPABLES
Nous n'oublions pas que des responsabilités précises existent. Que la Gauche
au gouvernement n'a fait que décourager le "peuple de Gauche" depuis de
nombreuses années. En méprisant les colères des exclus, des travailleurs
licenciés, des sans-papiers, des jeunes des cités sans avenir, des immigrés
sans droits de vote, des victimes de la mondialisation, etc. Cette Gauche
est responsable et coupable.
Nous n'oublions pas que le discours sécuritaire n'a pas été le seul fait de
Le Pen. Les lois Pasqua Debré Chevènement en sont une illustration, la vidéo
surveillance une déclinaison.
Nous n'oublions pas les propos sur " les odeurs " d'un Jacques Chirac : sur
les "bonnes questions du FN" : de Laurent Fabius : "sur le seuil de
tolérence" de Mitterand : sur "l‚invasion" de Giscard d‚Estaing ðetc.
Nous n'oublions pas les débuts de la campagne électorale de Jospin reprenant
un par un l'ensemble des thèmes sécuritaires déjà exploités par la Droite.
Nous n'oublions pas les promesses non tenues par la Gauche : régularisation
des sans-papiers, droit de vote pour les immigrés, abrogation de la
double-peine, etc.
Nous n'oublions pas les positions partisanes de Jospin et du parti
socialiste alors que le peuple palestinien vit le martyr. Nous n'oublions
pas le renvoi dos à dos de l'agresseur et de l'agressé, de la politique
terroriste d'Israël et de la résistance des palestiniens, du bourreau et de
la victime. Nous n'oublions pas que cette semaine encore plusieurs personnes
et organisations de Gauche continuent à parler de "démocratie israélienne"
(Sic) et de " soutien inconditionnel à l‚état d‚Israël ".
Nous n'oublions pas que la Gauche française si prompte à manifester contre
le racisme, a toujours refusé de voir le caractère discriminatoire de la
représentation politique française qui depuis des décennies, exclut
massivement les candidat(e)s issu(e)s des immigrations post-coloniales. La
France qui a été un des derniers pays à accepter la présence des femmes dans
les institutions politiques reste un des rares pays européens dont la classe
politique est exclusivement blanche. Les Français d‚origine extra-européenne
dont les parents sont parfois morts pour la France ne sont présents ni au
gouvernement, ni au Sénat. Ils sont quasiment absents de l‚assemblée
nationale, des conseils régionaux et générauxðtout cela au nom d‚un
universalisme perverti.
RESPONSABLES ET CAPABLES
Nous récusons les discours visant à culpabiliser les abstentionnistes du
premier tour et parce que nous sommes démocrates, nous nous refusons à
critiquer ceux qui ont choisi de voter librement.
Nous affirmons que la Gauche est responsable de la situation et nous
refusons la moralisation et la confusion dans la recherche des causes de la
situation. Notre volonté de faire barrage au FN pour le second tour
n'occulte en rien les exigences qui continueront d‚être les nôtres.
Trahi(e)s depuis trop longtemps nous sommes responsables et capables de
mener des combats de longue haleine.
Nous affirmons qu‚à l'avenir, parce que nous sommes épris de justice
sociale, aucun soutien ne sera apporté aux candidat(e)s qui ne s'engagent
pas à prendre en compte l'ensemble de nos préoccupations égalitaires,
fondement même de la République.
Nous affirmons qu‚il n‚y aura pas de soutien sans réponse concrète aux
véritables aspirations des habitants de ce pays : logement, travail,
justice, éducation, protection... Pas de soutien sans abrogation de la
double-peine. Pas de soutien sans le droit de vote accordé aux citoyens
immigrés sans distinction d‚origine. Pas de soutien sans annulation
immédiate de la dette des pays pauvres. Pas de soutien sans condamnation
claire du sionisme, du colonialisme et du racisme.
POUR UNE RÉSISTANCE CITOYENNE
Nous appelons à une résistance citoyenne qui non seulement fasse barrage à
Le Pen mais s'engage sur des propositions fermes et sans ambiguïtés tant à
l'échelle nationale qu'internationale. Nous appelons à une résistance
citoyenne autour de ceux qui, ces dernières années ont montré par leurs
luttes qu'un autre monde est possible : travailleurs humiliés et licenciés,
mouvements pour le droit au logement, sans papiers, militants contre la
double-peine, mouvements contre la mondialisation, militants des quartiers
populaires et pour l‚égalité des droits entre les hommes et les femmes.
Et comme ce sont toujours les minorités qui ont rappelé à la majorité les
valeurs de la République, nous ne transigerons pas et nous appelons à un
mouvement social qui ne soit pas à la remorque d'une Gauche qui a failli.
France avril 2002
Contacts:
région Sud: association Espoir - Madani: 06 66 46 79 31 / les motivé-es:
Fabien: 06 62 68 03 82 ou 05 62 27 62 83
région Rhône-Alpes: association DiverCité: Sakina (St Etienne): 06 24 49 28
02 / yves: 06 11 86 93 11
région île de France: MIB: Mogniss: 06 12 14 48 70 / Walid: 06 20 02 42 49
région Nord: Saïd: 06 82 05 66 30

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3) DOUBLE PEINE
Communiqué
Le gouvernement français n‘aurait-il pas retenu les conséquences de
l’expulsion de Mohamed Chalabi vers l’Algérie ?Chalabi Brahim, frère de Chalibi Mohamed expulsé vers Alger, le 9 novembre
dernier, risque à son tour de connaître le même sort.
Brahim Chalabi est né en 1961 à Paris, et vivait avant son incarcération
maritalement avec une française avec laquelle il a 4 enfants français de 11,
10, 7 et 3 ans.
Brahim Chalabi a été condamné dans le cadre du procès surréaliste dit de «
réseau Chalabi » qui dura deux mois, en septembre et octobre 1998 dans un
gymnase.
Il a été condamné à 4 années de prison. Il a purgé 18 mois de préventive
entre 1994 et 1995, puis a comparu libre aux différentes audiences. Sa peine
étant confirmée par la Cour d’Appel de Paris, Brahim Chalabi s’est rendu de
lui-même à la prison de la Santé le 18 juin 2001 afin de finir sa peine.
Brahim Chalabi est théoriquement libérable vers 2003 2004.
Mais le greffe du centre de détention de Châteauroux où il exécute sa peine,
l’a invité à signer une conditionnelle expulsion afin que l’administration
puisse mettre à exécution rapidement l’interdiction définitive du territoire
national à la quelle il fut condamné en peine complémentaire.
Chalabi Brahim refuse cette conditionnelle expulsion et dénonce l’attitude
du gouvernement français qui s’entête à vouloir l’expulser en Algérie, où eu
égard notamment à ses antécédents judiciaires en lien avec une activité
islamiste, l’expulsion est de nature, à méconnaître gravement l’article 3 de
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés
fondamentales qui stipule que « nul ne peut être soumis à la torture ni à
des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».
Chalabi Brahim souhaite vivre à sa sortie de prison avec sa compagne et ses
enfants dans le pays qui la vu naître : la France.
Contact presse : 06 99 86 69 99

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4) LE SITE DE L'ACRIMED, PLPL, LES MEDIAS ET L'INSECURITE
Voici une information que vous pouvez consommer et diffuser autour de vous
... sans modération, avant pendant ou après les manifestations du premier
mai.
Sur le site d'Acrimed, un dossier sur les médias et les élections accesible
- à partir de la page d'accueil :
http://www.samizdat.net/acrimed/
- ou directement :
http://www.samizdat.net/acrimed/journalismes/politique/02elections.html
Vous y trouverez notamment :
I. Des écrans sécuritaires - (1) Quand Berlusconi explique le rôle de
certains journalistes - (2) Quand un éditorialiste belge dénonce le rôle
joué par certains journalistes - (3) Quand Libération prend -enfin - la
mesure des dérives de la télévision - (4) Quand Le Monde consacrait une
brève aux amalgames douteux de la télévision - Quand Le Monde enquête sur
les dérives de la télévision - (6) Quand les chefs des infos télévisées
s'expliquent - A suivre ...
II. Sondologues et sondophiles : Des partenaires rivaux - Les sondages
d'intention de vote - Les sondages d'opinion
III.Les faux prophètes et leurs clients - A propos d'un article du Monde.
IV. Le journalisme en question? - (1) Un communiqué d'étudiants des Ecoles
de Journalisme, suivi d'un (2) Commentaire de François Ruffin, étudiant au
CFJ - (3) Un communiqué du Syndicat National des journalistes.- (4) Daniel
Schneidermann invite au "débat".
Dans les pages "forum"
1. J'ai mal au journalisme, par Bruno, pigiste
2. L'urgence, les médias et les élections, par Olivier Aubert
Sur les sondages
Les médias et les sondages (dossier), en particulier :
Sur l'insécurité
Violence, insécurités, banlieue, jeunes : Les pyromanes (dossier).

Sur d'autres sites
1. Sur le site de Pour Lire Pas Lu.
Les pyromanes de l'insécurité :
http://homme-moderne.org/plpl/n6/p3.html
2. Sur le site de transnational.org
L'excitation des médias devant les courbes affolantes des sondages, posté
par Le Canard Enchaîné, 4 avril 2002, le dimanche 28 avril 2002 à 19:15 :
http://www.transnationale.org/forums/information__desinformation/showmessage.asp?messageID=437
3. Sur le site du Tocsin
Télés irresponsables ou complices?
http://www.tocsin.net/dossier/faitdivers/index.htm
Un message de Serge Halimi
(...) interrogé par un journaliste sur la tonalité sécuritaire de sa
campagne, Chirac avait répondu qu'il n'avait fait que s'inspirer de ce que
disaient les journalistes...
Un ami de PLPL vient de me transmettre le texte de l'échange (au fait, le
dossier de PLPL sur les médias colporteurs de l'insécurité est en ligne, ça
peut intéresser les membres du réseau)
http://homme-moderne.org/plpl/n6/p3.html
Spéciale Présidentielles, France 2, mercredi 24 avril 2002.
Olivier Mazerolle : " Vos adversaires de gauche disent " euh quand même,
Jacques Chirac il a servi un peu les idées de l'extrême droite en basant sa
campagne sur la sécurité, sur le déclin de la France "… "
Jacques Chirac : "… Il aurait fallu être tout à fait sourd pour ne pas
entendre ce que disaient les Français. Moi j'ai beaucoup voyagé avant la
campagne, pendant la campagne. Je n'ai pas rencontré un Français, une
Française, qui ne me dise à quelle point son inquiétude était grande à
l'égard de la montée de la violence, de l'insécurité… Vous savez, je regarde
aussi (…) les journaux télévisés. Qu'est-ce que je vois depuis des mois, des
mois et des mois : tous les jours, ces actes de violence, de délinquance, de
criminalité… C'est bien le reflet d'une certaine situation. Ce n'est pas moi
qui choisissais vos sujets. "

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5) UN TEXTE DE PATRICE BARDET,
militant associatif et syndicalJe suis signataire très volontiers du texte "QUI SEME LE VENT SECURITAIRE RECOLTE LA HONTE LEPENISTE !"
solidairement
Patrice BARDET (59 Cysoing)
Quelques citations de Chirac
" Comment voulez-vous que le travailleur francais qui travaille avec sa
femme et qui ensemble gagnent environ 15000 francs, et qui voit sur le
palier à cote de son HLM, entassés, une famille avec un père de famille,
trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, qui gagnent 50000
francs par mois de prestations sociale sans naturellement travailler !
Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien, le travailleur francais
sur le pallier il devient fou ! Et ce n'est pas être raciste que de dire
cela.
Nous n'avons plus les moyens d'honorer le regroupement familial. Et il
faudra enfin un jour poser le grand débat qui s'impose dans notre pays, qui
est un vrai débat moral, pour savoir s'il est naturel que des étrangers
puissent bénéficier, au même titre que les Français, d'une solidarité
nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu'ils ne payent pas
d'impots. "
(CHIRAC, Meeting electoral, 1990)
" Il ne devrait pas y avoir de problème de chomage en France, puisqu'il y a
1 million de chômeurs et 1 800 000 travailleurs immigrés. "
(CHIRAC, Premier ministre, 1976)
 
Je trouve surréaliste que l'on puisse appeler à voter Chirac, pour soit
disant faire barrage au fascisme ! Oublie-t-on au passage que l'élection
présidentielle était qualifiée de "coup d'état permanent" ? Faut-il
continuer à justifier les institutions d'une 5° république anti-démocratique
? Le combat pour un mode plus juste passe-t-il par le vote pour un candidat
qui foule depuis des années tout ce qui est la dignité indispensable d'un
élu du peuple ? Faut-il rappeler certains financements occultes volés sur
les HLM, donc aux plus pauvres ?
Chirac n'a pas besoin de nos voix : le cumul des voix de droite suffit à le
faire élire.
Ceux qui prétendent que voter pour Chirac est le seul moyen de battre le
Front National ne font que révéler leur propre paralysie et pessimisme. Une
classe politique qui présente un tel personnage dans le rôle du champion de
la démocratie ne fait que révéler sa propre décrépitude.Cela ne fera
qu'intensifier la désorientation politique qui a apporté aux néo-fascistes
leur succès au premier tour.
Chirac mettra en oeuvre une grande partie du programme politique avancé par
le Front National, dont les slogans électoraux anti-immigrés et sécuritaires
étaient repris en grande partie lors de la campagne électorale.
 
De même, il ne suffit pas de manifester contre le pen, si l'on veut étouffer
le fascisme, redonnons l'espoir, et battons nous pour des droits
inconditionnels. 
Retournons dans les quartiers, tractons, discutons, débattons avec les gens,
parents, ados, en un mot, refaisons de la politique avec, pas pour les gens,
contruisons un autre monde ensemble.
Salauds de pauvres...A-t-on oublié que de tout temps, les pauvres, ça
pue quelquefois des pieds et de la gueule, que maintenant, ça regarde plutôt
TF1 qu'ARTE ? Ce qui est nouveau, c'est le rejet d'une classe sociale, que
la seule réponse qu'on lui apporte, c'est la criminalisation de ses enfants;
quoi d'étonnant si les ouvriers employés ont voté parfois massivement pour
l'extrème droite ? Oublie-t-on que le chômage les frappe en premier lieu,
puis en grande majorité leurs enfants ? Le seul espoir qu'on leur donne
est-il d'obtenir un CDD, une vie d'intérimaire jetable ou des petits
boulots, ne permettant pas de vivre dignement, de fonder une famille ? le
bilan de la gauche au pouvoir est terrible : bientôt 10 millions de
personnes -adultes et enfants- en dessous du seuil de pauvreté, 30% des
travailleurs en contrat précaire, plus de privatisations -donc de
destructions de service public- que sous la droite au nom de la "modernité",
et maintenant un discours sécuritaire du candidat (socialiste : je met le
terme entre parenthèses, puisque son programme n'était même pas
socialiste, comme il le revendiquait !) que n'aurait pas osé espérer la
droite...plus que la répression à tout va, il s'agit de créer de la
solidarité (si nécessaire la réparation par l'Etat) envers les victimes,
mettre en place la médiation sociale au plus proche des gens, redévelopper
et étendre les services publics de proximité, créer des postes
d'animateurs/éducateurs plutôt que des policiers, punir les débordements de
la police comme les autres délinquants, ainsi que les délits du patronat
(sauf erreur, l'amnistie comme d'habitude couvrira les patrons, pas les
syndicalistes), donner enfin l'espoir d'un avenir (imagine-t-on les dégats
que donne l'exemple du grand-père, du père, du grand-frère au chomage ?)
La mendicité obligée pour les secours sociaux, le RMI, la CMU, la CLU
envisagée, le contrôle social pour obtenir le moindre droit de vivre,
laissent un sentiment d'humiliation qui n'a pour seule réponse que le rejet
de l'autre. Nos beaux discours sur l'intégration n'ont plus alors aucune
prise sur les laissés pour compte de la société, l'échec d'une politique qui
laisse pour seule réponse au chômage des jeunes la formation professionnelle
que demande le patronat laisse sur le carreau une grande partie de la classe
ouvrière, oblige à une économie parallèle source de la petite délinquance
pour survivre.
Comme illustration, si je prends un exemple précis, à la sécurité sociale
(secteur semi-public où je travaille), l'embauche pour un emploi de base se
fait à bac + 2, pour un salaire à peine au smic (la convention collective
prévoit le BEPC). Sauf erreur de ma part, les enfants d'ouvriers ou
d'employés qui accèdent à ce niveau d'étude sont moins de 10 % d'une classe
d'age. Peut-on oser prétendre que le gouvernement n'a pas de pouvoir de
décision ? Et on ose encore parler d'ascenceur social !
 
J'ai beaucoup apprécié que Jean-Michel (plutôt qu'une incantation à faire
barrage au fascisme) communique une tribune "Stopper la course à l'abîme" de
Jean-Luc Mélanchon parue dans Le Monde, même si je conteste la nécessité de
voter chirac; extrait : "L'identité et l'utilité de la gauche appartiennent
au monde du travail. La prise de distance n'est-elle pas assez évidente ? Il
faut revenir aux sources, sans tarder et concrètement. Par là passe la
reconquête des esprits et des coeurs de ceux qui ont oublié, dans le monde
du travail, que Le Pen, "économiquement de droite " de son propre aveu, est
son ennemi le plus déterminé.".
 
Pour autant, dans la confusion des genres, l'appel à voter pour le candidat
de la droite, ne pas créer une véritable alternative à gauche, avec un
programme concrètement à gauche, laissera les électeurs tentés par le
populisme de l'extrême droite sans réponse alternative; l'appel à voter
contre le fascisme ne peut à l'évidence être la réponse à la détresse
sociale, à l'absence de perspective politique.
Que le PS (à tout le moins sa fraction "moderniste" illustrée jusqu'à la
caricature par DSK, Fabius) nous propose autre chose que les stock options
et l'épargne salariale (la belle escroquerie, avec la complicité d'un
gouvernement "de gauche"), la caresse dans le sens du poil des bo-bos,
déclare la guerre à la misère, en se décidant enfin à prendre l'argent où il
est, s'engage aussi fermement pour une europe sociale; que le PC retrouve
ses origines révolutionnaires, revienne dans les quartiers pour reconquérir
son électorat. Batissons ensemble un programme, je le répète, de guerre à la
misère. Battons nous ensemble, avec les plus démunis , par exemple avec les
sans papiers, précaires parmi les précaires; un sans papier qui est obligé
de travailler pour quelques euros par jour est un moyen commode de baisser
les salaires, est donc un exhutoire trop désigné, puisque plus faible; la
vraie concurrence, c'est entre les pauvres, quand on dénie leurs droits; à
ce propos, mardi dernier, les CRS -donc le gouvernement- , après avoir
interdit le meeting de Jospin à Lille ont réprimé de façon extrèmement
brutale les sans papiers à Lille : compte rendu sur www.interdits.net
 
 Vous l'avez compris, je pense : le 5 mai, je voterai blanc...(je respecte
trop le droit de vote, conquis de haute lutte par d'autres avant moi, pour
m'abstenir, même si je conteste cette élection véritable "piège à cons"), le
1° mai je manifesterai pour des droits, et le 6 je continuerai à me battre
avec d'autres -à faire de la politique avec les gens plutôt que pour eux- ,
dont vous à n'en pas douter
salutations militantes
Patrice
patrice.bardet@free.fr


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6) LE NOUVEAU SITE DU RESEAU
Comme nous l'avons déjà signalé, le réseau dispose désormais grâce à Ludovic
d'un nouveau site qui est très bien. Certaines pages sont encore en travaux.
Merci de le consulter et de faire vos commentaires.
http://reseau.fabrique.free.fr (vous y êtes sans doute déjà ! ;-)

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7) Compte-rendu de la réunion pour l'organisation du Forum, lundi 29 avril 2002
> 18h-20h30 au CICP (21 ter rue Voltaire 75011 Paris) rédigé par Christine.
> 25 personnes étaient présentes.
>
> L’objectif de la réunion était de se répartir les tâches logistiques pour
> l’organisation du Forum.
>
> BOURSE DU TRAVAIL DE SAINT DENIS
>
> RESTAURATION
> L’association « Chorba pour tous » (Kader) se propose d’assurer pour 2000
F.
> le repas pour 300 personnes (thé, café, boissons sans alcool,bières,
> sandwichs, salades de pâtes et de riz). L’association devrait assurer le
> service et la buvette avec 3 ou 7 personnes.
> L’argent est avancé par le collectif et ensuite « Chorba » se propose de
> faire un prix libre (à partir de 10 F.).
>
> MATERIEL DE PROJECTION ET ENREGISTREMENT AUDIO
> La projection des films se fera avec un vidéo rétro projecteur. Une
demande
> est en cours auprès de l’élu local pour obtenir ce matériel de projection.
> En cas de réponse négative, 2 solutions :
> - louer du matériel à Alter Média basé à Saint-Denis (Fred)
> - prévenir Vincent qui a un copain qui peut nous dépanner
> Faut-il penser à louer des écrans de télés pour retransmettre les débats
de
> la salle dans les espaces intermédiaires ?
> Radio FPP assurera l’enregistrement de la journée avec son matériel.
>
> DISPOSITION DE L’ESPACE
> La salle a une capacité de 400 places ; il existe un coin cuisine, un bar,
> un vaste hall d’accueil et des espaces intermédiaires.
> Ce lieu convivial est à 50 mètres du métro "Porte de Paris" (ligne 13).
>
> SERVICE D’ORDRE
> Le SO devrait comprendre entre 10-15 personnes, bien coordonnées afin
> d'avoir un oeil sur les déplacements à l'intérieur de la Bourse et
prévenir
> les malentendus.
>
> COMMUNICATION
>
> AFFICHES ET TRACTS
> - Les affiches sont prêtes (en envoyer aux Collectifs locaux). Le
calendrier
> des collages se fera après le second tour des élections.
>
> - Ont déjà été tirés et diffusés :
> 2000 tracts par le MRAP ; 3000 par Sud Education ; 1000 par le Syndicat de
> la Magistrature ; 1000 par SNPES-PJJ ; Vincent en a fait 500 et en refera
> 1000.
>
> - 30 000 tracts (soit 300 €) pris en charge par le Collectif seront
> disponibles à partir du 30 avril à 20 h. au local du MIB (26 bis rue
Kléber
> à Montreuil, Métro Croix de Chaveaux, Tél : 01-48-58-07-61).
>
> Pour leur distribution à la manifestation du 1er mai, le ravitaillement en
> tracts se fera au CICP (21ter rue Voltaire) le mercredi matin. Un
> rendez-vous est également prévu à 14h30 devant le MacDo de la Place de la
> République avec les tracts à se répartir. Il a été retenu la proposition
que
> leur distribution ne soit pas faite en début de manif (où les grosses
orgas
> vont distribuer leurs tracts) mais plutôt en fin de trajet à la Nation.
>
> Préférer les distributions ciblées (sans papiers, travailleurs immigrés,
> collectifs de jeunes ...)
>
> A FAIRE !
> Contacter les grosses associations signataires pour leur demander de
> reprographier et diffuser (Droit devant, Ras le Front etc.)
> Envoyer les originaux (maquette du tract) aux collectifs locaux + des
> liasses de tracts.
>
> RADIO
> Radio Libertaire le 14 mai 2002 : émission de présentation du Forum.
>
> A FAIRE !
> Contacter d'autres radios : Beur FM, radio Aligre, radio Droit de Cité…
>
> DANS LES UNIVERSITES PARISIENNES (contacter Azouz et Pierre)
> Présence et distribution de 14 h. à 16 h.:
> Le 13 mai à Paris VIII, Saint Denis
> Le 15 mai à Paris X, Nanterre
> Le 21 mai à Paris VII
>
> ORGANISER UNE CONFERENCE DE PRESSE
> Elle se tiendra rue Voltaire puisque le Réseau y a déjà initié la
première.
>
> FINANCEMENT
> 3 postes principaux existent : les affiches (400€), tracts (300 €), la
> restauration (305 €),les déplacements des Comités locaux (à chiffrer)..
> Isabelle a fait l’avance pour les affiches (400 €).
>
> Pour l'heure, le Collectif doit faire l'avance de plus de 1000 €. A la
date
> de la réunion, 285 € ont été collectés.
>
> A FAIRE !
> - Les grosses organisations doivent être contactées pour participer aux
> frais.
> - Il est impératif que chaque membre du Réseau appelle 10 personnes
> signataires pour les mobiliser financièrement.
>
> LES NOUVEAUX SIGNATAIRES
> La CNT91 ; la CNT Spectacle ; SNPES-PJJ ; Femmes plurielles (Halima
> Boumédiène) ; la FA ; le Comité pour les Droits la Justice et les Libertés
> de St Denis (CDJL) ; Témoins (Lyon) ; Africa ; Association Intermèdes
> Ces signataires seront sur les tracts et sur internet mais pas sur les
> affiches.
>
> A FAIRE !
> (re-) contacter : le GISTI ; L’Union des Travailleurs Guyanais ; L’Envolée
> (place de la Réunion) ; le collectif contre les Violences sexistes et
> racistes…
>
> LES COLLECTIFS LOCAUX
> Pour l’instant sont déjà mobilisés :
> Africa (travaillant sur La Courneuve), Allemagne (No Pasaran), Bordeaux,
> Châtenay-Malabry (Toit et Joie), Festival contre le Racisme, Greenwich,
> Grigny, Le Havre, Lyon Divercités, Mantes, Nantes, Nice (+le quartier de
> l’Ariane, +Draguignan), les Orteaux, Roubaix, Strasbourg, Tourcoing
>
> A FAIRE !
> Le point sur le nombre des intervenants, le montant des frais de
déplacement
> et les possibilités d’hébergement.
>
> DEROULEMENT DE LA JOURNEE
> Chaque collectif disposera d’environ 10 minutes ; 5 passeront le matin et
6
> l’après-midi (il est envisageable de reculer la projection de "Douce
> France"). Les autres collectifs (Les Sans-papiers etc.) interviendront de
la
> salle).
>
> A FAIRE !
> - Coordonner les contenus des interventions des Collectifs entre le 5 et
le
> 15 mai par téléphone ou contact direct.
> - Préparer une introduction de la journée et penser à organiser une
> conclusion (perspectives…)
>
>
> RESUME DES POINTS PRINCIPAUX :
>
> Mercredi 1er Mai matin : tracts disponibles au CICP (21 ter rue Voltaire)
>
> Mercredi 1er Mai 14h30 : Rendez-vous devant le MacDo de la Place de la
> République
>
> Participation financière : il est demandé à tous les membres du Réseau de
> soutenir financièrement l'organisation du Forum.
>
> Hébergement : si des membres du Réseau sur Paris (et région parisienne)
> peuvent héberger pour une ou deux nuits des participants au Forum qu'ils
> nous le fassent savoir.
>
> Tracts et affiches sont disponibles à partir du 30 avril à 20 h. au local
du
> MIB (26 bis rue Kléber à Montreuil, Métro Croix de Chaveaux, Tél :
> 01-48-58-07-61).
>
>

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8) Décès de 2 mineurs à la prison Saint-Paul de LyonVendredi 26 avril,
deux mineurs de 17 ans sont morts asphyxiés dans leur cellule, après avoir mis le feu à leurs matelas. L’un deux était en détention provisoire depuis 5 jours, l’autre, devait sortir cet été.
Une fois de plus nous dénonçons le recours à l’incarcération des mineurs.
Nous dénonçons également les conditions actuelles dans lesquelles ils sont
détenus - hygiène, confinement, surpeuplement, absence de soutien
psychologique.
Nous exigeons que l’Administration pénitentiaire explique pourquoi ces deux
adolescents ont mis fin à leurs jours. Pourquoi la même Administration
Pénitentiaire laisse encore des cellules équipées de matelas en mousse
facilement inflammables et aux émanations extrêmement toxiques, en dépit des
normes de sécurité et du nombre dramatique d’accidents ou de suicides par
intoxication déjà répertoriés.

Ban Public : Jérôme Erbin &endash; 06.89.15.29.45 &endash;
jerome@banpublic.org
Message transmis par Bernard Defrance, vice-président de DEI-France
http://www.bernard-defrance.net/

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9) MESSAGES
Bonjour,
Je signe la pétition "Qui sème ..." des deux mains et des dix doigts.
Je reviens d'Orléans où, j'ai pour Arte, essayé de comprendre ce que
c'était ce faits-divers qui a excité les passions à la veille du scrutin.
Et il faut le dire: c'est un faits-divers de merde, minuscule,
microscopique. OUi mais voilà, tellement facile à filmer! Le petit vieux
était ravi de parler, l'hopital a laissé entrer les caméras dans sa
chambre, les voisins se sont fait mousser à la télé (alors que la plupart
d'entre eux détestaient ce bonhomme qui s'était construit une maison en
bois, hébergeait des Arabes et avait un coq qui chantait tous les matins).
Voilà un bel exemple de coproduction de haine! Qui va raconter cette haine
recuite des petits blancs des pavillons qui descendent leurs volets à 7
heures du soir et n'iront jamais boire un thé à la menthe dans le seul bar
sympa du quartier? Et cette sélection des victimes qui fait que l'an
dernier, quand un jeune black s'est pris une balle, personne n'a bougé? La
cerise sur le gateau: le maire qui s'est fait élire l'an dernier en
promettant vidéosurveillance, flics municipaux armés et couvre-feu pour les
gosses explique aujourd'hui que c'est la faute à la télé qui parle trop
d'insécurité.... Beurk...
Vous pouvez m'ajouter sur la liste,
Amitiés,
Laurent CIBIEN, journaliste et réalisateur.
******
>Nous signons bien sur sans hésiter! Nous partageons la plupart et
>l'essentiel des choses dites ici et pensons également comme beaucoup qu'il
>nous faut nous mettre au travail sans tarder pour restaurer une conscience
>politique moribonde. La pseudo gauche, celle qui gouverne, nous semble
>largement responsable de cet état de fait en ne prenant pas la mesure, et
>loin s'en faut, du danger que représente depuis de nombreuses années la
>politique d'économie dite libérale: les inégalités, l'appauvrissement d'une
>partie toujours croissante de la population de la planète, l'acculturation
>galopante et programmée font le lit du fascisme. Les politiques libérales
>sont des totalitarismes larvé. Amitiés à tous, Lara & Serj DESPAS, LYON
**********
Salut,
Ce mail pour proposer notre signature :
Association TEMOINS _ Région lyonnaise
- Lutte contre les violences policières, recueil de témoignages et
aides aux victimes ;
- Lutte contre la production, les transferts et la politique
d'armement français ;
- Action pour le dialogue entre lyonnais-esJe propose aussi ma signature personnelle, avec les remarques suivantes :
Xavier Hermitte (opérateur internet)
D'abord bravo pour vos actions et votre forum.
Le passage "préférer l’original à la copie" ne me convient pas. Qui se
fie à qui ?
Le passage "Le vent mauvais qui souffle sur le monde depuis le 11
septembre" ne me convient pas non plus.
Je dirais plutôt que le 11 septembre a vu s'engouffrer tout le vent
mauvais qui soufflait sur le monde.
Enfin je dirais que nous, association attachée au dialogue entre
lyonnais-es et plus largement entre gens de ce monde, pensons
qu'il est très important d'insister sur cet aspect dialogue, et de ne pas
renvoyer tout le monde à ses tares (que ce soit les "pauvres" ou les
"fachos", etc...).
Nous pensons vital et très actuel de nous donner tous les moyens d'être
responsables et vigilants au quotidien.Nous serons présents lors du forum national "Résistons ensemble" le 26 mai,
et nous espérons pouvoir travailler avec vous dès à présent.
A bientôt
Xavier Hermitte
xavier@plebicity.com
Témoins
c/o CCO 39, rue Georges Courteline
69100 Témoins _ 04 37 24 34 47

Le texte est moins synthétique que l'appel initial du
Réseau contre la fabrique de la haine qui replaçait
les "violences urbaines" de toutes natures dans un
contexte social global.
Il y a un point sur lequel je m'interroge... Ne
peut-on pas considérer que les classes sociales
dirigeantes assurent leur pouvoir autant par la
production de l' "insécurité" que par sa répression?
Qu'y-t-il de délibéré dans la gestion, voire la
création, des tensions "ethniques"? C'est quand même
ça la fabrique de la haine...
Il y a encore quelques années l'analyse de la
politique d'immigration menée par la bourgeoisie était
claire au sein du mouvement ouvrier: cette politique a
deux buts: bonnes affaires (bas salaires) et contrôle
social (division de la classe ouvrière). Il me semble
que l'aspect contrôle social (stratégie de la tension)
l'emporte aujourd'hui sur l'aspect bénéfices pécuniers
directs. Qu'en pensez-vous? Est-ce que quelqu'un
travaille là-dessus ou à des références d'articles ou
de bouquins à proposer?
charlesconte@yahoo.fr
********
Hi
C est Alain de Heidelberg merci des infos nous etions a Paris le Samedi 27
pourrais tu lancer un appel pour Strasbourg il y a la preparation le 11, 12
13 Mai a Strabourg pour le Camp au moi de Juillet No border No nation .Ca
serait super si il y avait des gens du reseau qui participe au preparation
le 12
merci la lutte continue Nopasaran Alain
--
GMX - Die Kommunikationsplattform im Internet.
http://www.gmx.net

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10) UN TEXTE DE CHRISTOPHE GALLAZ
Elections présidentielles: bien sûr! Il me semble pourtant qu’encore une
fois le mode de désignation de Le Pen, par tous ceux qui justement
l’abhorrent, pèche dans la mesure où il désimplique excessivement ce
personnage du tissu social hexagonal ordinaire. Tout se passe comme si
l’urgence nécessaire de le décrier primait le devoir de conscience générale.
Il y a quatre ans presque exactement (le 17 avril 1998), j’avais rédigé, de
ma Suisse natale (hélas!), un texte paru dans Le Monde où j’essayais de
camper ce problème. Je vous l'envoie, combativement!
Mille amitiés!
C. Gz

Publié le 17 avril 1998
De l'exception culturelle à la préférence nationale
L'imprégnation du jeu politique français par le Front national suscite des
analyses qui présentent, pour la plupart, la caractéristique de départager
confortablement les responsabilités. Il y aurait d'un côté les politiciens
respectables, attachés aux normes démocratiques et suivis par la fraction
respectable de l'électorat, et de l'autre, les politiciens sans scrupules
appuyés par la fraction perdue (au sens de la brebis) de cet électorat. Il
est temps de comprendre que cette hypothèse est fausse au point qu'aucune
«rénovation» de la politique, ni des esprits, ne saurait en être nourrie.
Comme n'importe quel corps, la société française ne peut pas être
entièrement dissociée d'elle-même. Même si les idées s'y déploient de façon
distincte à l'instant de leur formulation, elles s'enracinent dans un champ
beaucoup plus cohérent qu'il ne semble - et pervers dans la mesure de cette
cohérence. Depuis longtemps, au point que c'est un de leurs réflexes
aujourd'hui, les Français perçoivent leur pays comme un système de valeurs
plutôt que comme une instance en mouvement. Pour le percevoir comme une
instance en mouvement, il leur aurait fallu trouver un objectif ultime à
celui-ci. Personne ne supporte de s'avancer à l'aveuglette. Les Américains,
par exemple, se dirigent vers l'argent. Et les Asiatiques se dirigent vers
la transcendance, de telle sorte qu'ici-bas ne leur paraît qu'un séjour
provisoire où tous les jeux sont permis.
Or les Français n'ont rien trouvé de tel. Et ne trouvant rien de tel, ils
ont récusé l'option du pays en mouvement pour lui préférer celle du pays
comme système de valeurs. Ils ont décrété que la France serait un lieu de
conservation dont les trésors pourraient être exaltés, jusqu'à l'infini, par
le verbe et le spectacle du verbe. Voilà pourquoi l'Hexagone est devenu le
berceau mondial et mondialement allégué des Lumières, de la Révolution, des
Droits de l'Homme, de la gastronomie, de la Nouvelle vague en matière de
cinéma, d'Yves Saint-Laurent, du champagne, des fromages et du foie gras.
Tout cela qu'on a pris l'habitude de résumer par cette expression
littéralement insensée, mais dont tout écolier local sait pourtant
instantanément ce qu'elle recouvre: une «certaine idée de la France».
Or il n'y a jamais beaucoup de distance entre l'idée d'une chose et cette
chose idéalisée. Il arrive même que la chose idéalisée prenne le relais de
l'idée de la chose sans que personne s'en aperçoive, dès lors que cette
dernière devient un repère salvateur dans un contexte général inquiétant.
C'est ce qui se passe en France depuis quelques décennies. La France en tant
qu'idée s'est transformée. Elle est devenue la France idéalisée, et les
Français se sont mis à gérer le conservatoire de leurs valeurs comme ils
l'auraient fait d'une serre horticole assiégée. De moins en moins préoccupés
d'y faire pousser les plantes existant à l'intérieur et de plus en plus
soucieux, jusqu'à l'affolement, de protéger la verrière contre les attaques
en provenance de l'extérieur. De mois en moins jardiniers, et de plus en
plus spécialisés dans l'art d'évaluer leurs chances de survie face à
l'ennemi.
Car l'idée de la résistance s'est sans doute elle aussi muée, dans la France
actuelle, en une Résistance idéalisée. Du comportement collectif qui
consista durant la deuxième Guerre mondiale à se déployer sur le terrain
pour y faire trébucher l'envahisseur, par des réseaux actifs et souples, les
Français d'aujourd'hui retiennent la base étroite qui peut le mieux étayer
le sentiment de leur identité: la notion du recroquevillement sur soi
permettant de ne pas donner prise à l'Autre. Tel est ce peuple
«irréductible», comme les villageois d'Astérix, ou «rassemblé» selon le
terme que les gaullistes, puis les chiraquiens, ont sollicité pour intituler
leurs formations politiques successives.
C'est dans la mesure de cette contraction que le procès Papon a déçu tous
ceux qui comptaient sur lui pour s'en trouver éclairés sur la France et les
Français d'aujourd'hui, par-delà la période de l'Occupation, dans le rapport
qu'ils entretiennent durablement avec eux-mêmes et face à l'extérieur. Les
débats de Bordeaux, ne portant jugement que d'un seul homme d'une envergure
peu symbolique, et sur ses seules responsabilités quant à la déportation des
juifs, ont eux aussi confiné l'exercice de la mémoire collective dans une
perspective étroite_-_en conséquence de quoi l'objet central de la
Résistance en est ressorti indemne pour perdurer dans sa gloire.
Tel est le fantasme de préservation qui règne en France. C'est lui qui a
permis à Jean-Marie Le Pen, dès sa première apparition dans l'enceinte
publique, d'y rayonner d'une façon quasiment naturelle. Ses thèses s'y sont
déployées sans le moindre obstacle réel - à tel point, et c'est terrifiant
d'y songer, qu'il n'y a sans doute rien de foncièrement hétérogène entre
l'abominable «préférence nationale» invoquée par lui dans l'Hexagone et la
nécessaire «exception culturelle» défendue par les milieux artistiques et
politiques parisiens il y a deux ans, au sortir des négociations du GATT.
Les récentes élections régionales n'ont manifesté qu'une recomposition
conjoncturelle de ce paysage. La politique est un spectacle dont les
protagonistes, s'ils veulent triompher, doivent alternativement se rendre
visibles en arborant une silhouette contrastée par rapport à la norme
moyenne de la silhouette concurrente, et se faire discrets en affichant leur
aptitude à rejoindre cette norme. Jean-Marie Le Pen a donc incarné le
contraste dans une première phase, quand il s'est agi d'attirer l'attention
du public sur un Front national débutant. Seuls un discours et des attitudes
provocants pouvaient alors être enregistrés par une opinion publique déjà
frustrée par le jeu policé, impuissant à refléter l'apparition de nouvelles
inquiétudes collectives, dans lequel s'étaient confits les politiciens
classiques.
L'engrenage se mit alors en mouvement. Plus le chef du Front national rendit
ses prestations publiques ordurières, plus ce caractère ordurier concourut à
valider son personnage et ses thèses. La violence du personnage paraissait
attester la violence d'un refoulé collectif qui remontait à la surface de la
conscience populaire. L'anecdotique était justifié par le fond. Perçu comme
un être incarnant avec justesse les tripes du peuple, Le Pen s'en trouva si
sacralisé, mais de manière tellement inavouable, que les Français démocrates
ne surent bientôt que l'adorer, mais évidemment à l'envers: en le couvrant
d'insultes, au gré d'un rituel dont ils devinrent les servants toujours plus
dépendants. Les cortèges républicains et les cris d'horreur se mirent à
proliférer, en des morceaux de bravoure tragiquement narcissiques,
signifiant que le piège s'était impeccablement refermé.
Bruno Mégret n'est qu'un petit gérant de cette situation. Moins apte au
théâtre que Le Pen et sachant la percée faite, il peut choisir la
discrétion. L'aspect de l'imprécateur est maintenant moins productif que
celui du collaborateur feutré qui vient prendre à témoin les citoyens
français de l'iniquité dont il est victime à leur instar: eux comme exclus
du système économique et social ambiant, et lui comme exclu des
responsabilités politiques. La manoeuvre est alors près d'aboutir, car le
rapprochement du Front national et de ses électeurs n'advient dès lors plus
dans le registre volatil de la parole et du discours, mais dans cette zone
de non-dit où fermentent tous les désirs de vengeance contre ceux d'en haut
(l'«établissement») ou d'ailleurs (les étrangers).
Tel est le drame. Il est profond. Il ne réside pas seulement dans la dureté
d'un pugilat qui sépare les Français claironnant leur fibre républicaine et
les politiciens «ambigus». C'est encore une pauvre guerre d'afficheurs. Le
drame réside dans le fait que plus personne ne sait comment se pencher
jusqu'à ces soubassements de la société française qui sont désormais les
viviers de Le Pen et Mégret. Et que plus personne ne sait quelle parole
discrète, au bord du silence compassionnel, seule fraternité des peuples, y
prononcer. C'est pourquoi la liste est insensiblement révisée. Après les
Lumières, la Révolution, les Droits de l'Homme, la gastronomie, la Nouvelle
vague en matière de cinéma, Yves Saint-Laurent, le champagne, les fromages
et le foie gras, voici, Mesdames et Messieurs, le Front national.

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11) SOS - huissier ....
[ forum-exclusion ]
Demain matin , Mlle BASTIT Florence doit remettre ses clef de son
appartement HLM au Cabinet des Maîtres Huissiers BERTHERAT ? 38 AV julien ,
63
000 clermont ferrand . Cette mère de famille ( enfant de 5 ans ) risque de
se
retrouver dehors avec son garçon . Ancienne SDF , elle occupait ce logement
depuis à peu prés 3 ans . Ces voisins ont faient circuler une péttition ,
dénoçant le fait qu'elle écoutait un peu trop souvent de la musique à des
heures tardives et qu'elle recevait un peu trop camarades ( SDF ) ..Elle à
toujours payé ses loyers et ceux çi sont à jour . Aucune proposition de
relogement ne lui à été faite par les HLM , comme celà aurait du être le
cas
dans le cadre de la loi contre les exclusions ....Bénéficiant de la COTOREP
, elle touche un complément Mère au foyer ...Si elle venait à se retrouver
dehors , elle redeviendrait à coup sur , SDF ! profondément désemparée ,
elle
ne veut plus voir son AS , qui ne lui propose que pour l'instant qu'une
piaule dans un foyer minable surveillé à outrance ...Son fils pour
l'instant
chez sa grand mère risque quand à lui , de se retrouver en placement .
A l'heure ou tous appellent à l'unité à faire barrage contre le front N ,
il
n'est pas véritablement possible de parler d'unité et de continuer à
laiiser
l'exclusion grandir nous devons faire en sorte de dénoncer l'absence de
politique cohérente de lutte contre les exclusions et ramener le débat
électoral de ces derniers temps aux préocupations sociales plutot qu'à la
surenchére sécuritaire
Nous vous demandons de bien vouloir nous soutenir dans cette action
en téléphonant ou faxant demain matin aux Huissiers à partir de 9 H
Fax : 04 73 35 44 31
.Tel 04 73 93 30 82
Merci pour la copine ....
Alain

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12) UN TEXTE DE YAZID KHERFI
Pourquoi en est t'on arrivé là. Pourquoi tant de haine ? On va où ? La
guerre est déjà dans la tête de beaucoup de monde. Les boucs émissaires sont
tout désignés, chacun affûte ses armes, chacun attend qu’un messie, qu’un
fou, ou qu’un homme particulièrement intelligent donne l’ordre d’y aller.
C’est le chaos, c’est la prochaine guerre qui se prépare. Il se prépare
quelque chose de grave dans les têtes des uns et des autres. Mais ce que les
uns et les autres on dans la tête semble vraiment inquiétant.
Malheureusement, on ose pas nous croire, ou alors on nous dit que nous
dramatisons sans cesse.
Je ne suis pas du tout pessimiste mais conscient de la réalité. Depuis des
années, militant grands frères, grandes sœurs, sympathisant, chercheurs et
bien d’autres n’arrêtons pas de dénoncer cette réalité, cette folie
meurtrière. Les politiques ne comprennent rien, une partie de l’opinion
publique semble également naïf. On est vraiment dans un monde de fou. Quel
gâchis, cela fait des années que nous militons au sein des quartier et
ailleurs et malheureusement nous observons tristement cette lente
dégradation et ces discours de haine qui se propage de part et d’autre.
Nous sommes encore certains à être mobilisé mais jusqu’à quand car pour ceux
qui se disent les bonnes conscience on passe pour des violents et des
manipulateurs. C’est fou le mépris que peut avoir les politiques et beaucoup
d’institutionnels contre nous. J’en viens à confirmer aujourd’hui que les
plus dangereux ce sont les nantis, ceux qui nous gouverne, que les
institutions son. Il ont une grande part de responsabilité.
Nous sommes dans un monde de fou, c’est incontestable. Il est aujourd’hui
impossible de comprendre ce monde qui part à la dérive.Il y a un véritable
danger d’un embrassement généralisé. La haine engendre la haine, la violence
engendre la violence. Nous, nous ne sommes pas dans une logique de guerre.
D’ailleurs nous, nous n’avons pas de haine mais de la colère et c’est cette
colère qui nous fait réagir. Il faut se mobiliser, on ne peut pas continuer
ainsi à accepter avec impuissance cette décadence. C’est à chacun d’entre
nous de bouger, de manifester notre désapprobation, d’être présent auprès
des victimes, de dénoncer avec force les injustices.
Quand est-ce allons de nouveau reparler d’amour, de paix, de sérénité, de
plaisir. Moi, j’y crois à ce monde meilleur, je veux rester optimiste même
si la réalité est dure. Ca dépend de chacun d’entre nous, de notre volonté,
de notre mobilisation.

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13) SEMAINE CONTRE LES LOIS SECURITAIRES
Programme des festivité à Paris.

contre les Lois Séuritaires
DU 27 AVRIL AU 5 MAI
Une fois de plus la campagne électorale a été placée sous le signe de la
sécurité. Les citoyens-électeurs ont choisi entre le tout sécuritaire de
gauche et le tout sécuritaire de droite, ils pensent maintenant pouvoir
combattre le fascisme armés d'un bulletin de vote.
Ceux qui n'ont pas voulu voter et qui ne veulent toujours pas se fondre dans
le " tous à droite contre l'extr&endash;me droite ", sont maintenant accusés
d'avoir mis leur " démocratie " en péril.
Les politiciens et les médias qui par leurs discours sur l'insécurité et
leurs pratiques (lois antiterroristes, vigipirate renforcé, lois sur la
sécurité quotidienne...) ont fait le lit du front national agitent
maintenant l'épouvantail Le pen pour se relégitimer et se proposer comme
l'alternative à l'horreur.
A nous, collectivement d'opposer avec toutes les armes nécessaires une
résistance moins désespérée, de nous dégager de la torpeur généralisée, de
clarifier nos points de vue, de rendre visibles nos ennemis de classe.
Une semaine pendant laquelle
Les journées seront consacrés à mettre en commum quelques outils (affiches,
auto-collants, etc.),
à imaginer et réaliser des moyens d'intervention concrets.
Les débats auront lieux à partir de 17 h
Le soir, les conversations pourront se poursuivre autour d'un repas sur le
mode d'auberges espagnoles (chacun am•ne à manger et à boire).
Occupation du square
place de la Réunion
dans le 20¡ arrondissement, M° Buzenval ou Alexandre Dumas.
un point sur la semaine à 12 h sur FPP (106.3 FM).
contact :
antils@internetdown.org
Samedi 27 avril : A partir de 18 h, apéro-grillades ouvert à tous (amenez
des merguez), présentation du déroulement de la semaine contre les lois
sécuritaires, suivi d'un concert acoustique.
Dimanche 28 : le théme central est la construction des nouvelles prisons.
"Pourquoi on enferme de plus en plus et de plus en plus longtemps", "à qui
profite l'enfermement ?", "l'isolement comme donnée centrale des nouvelles
constructions". Avec des Turcs qui expliqueront pourquoi ils refusent
l'enfermement à l'européenne, c'est à dire plus de séparations, plus
d'isolement.
Musique avec un groupe kurde.
Films : mort silencieuse sur l'isolement en Europe, Communiqué d'Arles
communiqué clandestin des prisonniers de la centrale d'Arles et un film fait
avec des habitants de Vallauris autour de Ralf, mort au mitard de la prison
de Grasse.
Lundi 29 : Le tout sécuritaire et sa premi•re cible : Les "jeunes hors la
loi".
La mise au ban des jeunes et leur enfermement , les contrats locaux de
sécurité, la surveillance dans les écoles, les réactions...
Films : Les lascars du LEP ; Anges et démons de la cité.
Mardi 30 : Débat autour des luttes récentes (MacDo, Fnac, Virgin, Femmes de
ménage du groupe Accor...). Discussion autour des conditions de travail, les
35 h, mais aussi sur le refus du travail et le rôle des syndicats.
Films : la reprise, danger travail (Pierre Carles) L'Ile aux fleursÉ
Le soir concertÉ
Mercredi 1er mai : Rencart pour préparer la manif.
Jeudi 02 : La lutte des sans-papiers, le SIS, Les camps de rétention, les
extraditions.
Présentation du campement à Strasbourg.
Vendredi 03 : Technologie et contrôle social. Des caméras à l'ADN.
Samedi 04 : Citoyennisme et mondialisation.
Récit de G&endash;nes et Barcelone. Contre la participation citoyenniste.
Organisation et contacts européens. Probl•mes rencontrés. Comment accueillir
le sommet du G7 à Paris en 2003.
Film : un documentaire sur G&endash;nes.
Un mouvement plus lointain : l'Argentine.
Bal musette (tangoÉ) le soir.
Ce programme n'est pas arrété, toutes idées ou initiatives sont les
bienvenues.
4 page sur les lois sécuritaires
SECURITE SUPER-STAR
Le moins que l‚on puisse dire, c‚est que nous sommes gavés de discours
sécuritaires : pas une émission de télévision, pas une page de journal qui
n‚étale des agressions à tous les coins de rue, des vols, émeutes, pillages,
zones de non droit où régnerait le trafic, l‚économie parallèle sous
l‚emprise d‚individus armés prêts à tuer leur mère pour quelques centimes.
Les simples conversations deviennent des complots, les regroupements des
associations de malfaiteurs, la pauvreté une faillite individuelle
volontaire, les grèves ou les manifestations qui échappent un tant soit peu
au contrôle des grosses centrales syndicales sont des expressions
terroristes. Le vol banal devient un geste de criminels de plus en plus
jeunes et conduit en prison pour de plus en plus d‚années, les révoltes
individuelles sont assimilées à des actes de folieð
Fini le temps du vieux clivage repression-prévention où les mouvements
sociaux et même la délinquance étaient perçus comme des faits de société.
L‚ensemble de la classe politicienne s‚accorde à penser aujourd‚hui que la
seule réponse est l‚ordre. De nouvelles formes de réprésentation politique
émergent, comblent le vide laissé par les partis politiques et les syndicats
confinés à des rÔles d‚apparat : elles tentent de réanimer la participation
citoyenne aux institutions républicaines. Se réclamant de l‚apolitisme et se
vantant de mélanger les classes sociales, elles jouent leur rÔle de
temporisateur : les antagonismes sociaux trouveraient, selon elles, leur
résolution dans l‚aménagement et le contrÔle citoyen.
Tout ceci occulte les véritables causes du durcissement des conflits sociaux
et laisse dans l‚ombre la nature de l‚Etat et du système économique. Si
seuls les événements qui corroborent la logique étatique sont publicisés par
les médias, de nombreuses initiatives autonomes d‚entraide et de solidarité
se manifestent.
Un peu partout des initiatives pour dénoncer les lois sécuritaires ont déjà
eu lieu comme à Rennes, Guingamp, Dijon, Chalon, Lille, Paris, Nantes pour
ce que nous en savons.
Face à cette offensive de l‚Etat, nous devons nous organiser, réfléchir
collectivement aux moyens d‚enrayer ce processus. Tout d‚abord en informant,
d‚où l‚existence de ce quatre pages qui doit être utilisé, repris, modifié
et diffusé le plus largement possible. Puis en organisant des rencontres
publiques pour échanger, prendre conscience collectivement des implications
concrètes que ces nouvelles lois auront sur nos existences et imaginer les
moyens de s‚opposer le plus efficacement et visiblement possible.
Une semaine contre les lois sécuritaires est proposée du 29 avril au 5 mai
pour donner plus d‚ampleur à des mouvements souvent isolés et méconnus :
cette semaine commune de débats, d‚actions permettrait à chaque collectif de
s‚exprimer plus efficacement là où il est, en fonction de ses forces et de
ses particularités. Nous pourrions imaginer mettre en commun quelques outils
(affiches, autocollants, réunions publiquesð), quelques cibles (les garants
de la citoyenneté, les porte parole du discours sécuritaireð) et quelques
thèmes d‚intervention (transports, halls d‚immeubles, instances européennes,
prisonsð) en espérant que ces manifestations soient coordonnées avec le plus
d‚endroits possibles.
Un campement contre le SIS, Système d‚Information de Schengen, est en train
de s‚organiser. Il se tiendra à Strasbourg du 19 au 28 juillet. Des réunions
de préparations ouvertes à tous se tiennent régulièrement. On y discute les
fonctionnements de chacun, les aspects pratiques de l‚organisation, le
contenu que chacun veut y apporterð les principaux axes de discussion et
d‚action sont pour l‚instant : migrations et travail, migrations et
globalisation, liberté de circulation ( lutte contre la rétenbtion et les
expulsions), double peine et justice néo-coloniale, contrÔle social et du
territoire, lutte contre les prisons. Cerains principes de fonctionnement se
dessinent, en vrac : libre participation financière, organisation par
assemblées régulières, les actions sont organisées de manière autonome ainsi
que leur diffusionÉ Nous voudrions avant tout éviter toute spécialisation
dans la prise de décision et dans la prise en charge du quotidien (bouffe,
infrastructuresð) ainsi qu‚une structure rigide qui empêcherait la prise
d‚initiative.
Divers collectifs venant d‚un peu partout se sont mis d‚accord pour mener
une campagne contre la construction de nouvelles prisons.
La liste est loin d‚être exhaustive. cet ensemble de projets à géométrie
variable prendront leur intérêt que s‚ils sont repris, partagés, modifiés,
amplifiés.

Il est temps de rompre avec le fatalisme et de reprendre l‚initiative,
d‚inventer des moyens de s‚opposer efficacement à ces dispositifs de
contrÔles et d‚exploitations, de dépasser la débrouille individuelle pour
mettre en commun nos forces, nos savoirs et nos pratiques.Du mythe de la démocratie en péril ð au tout sécuritaire
Le monde occidental a saisi l‚occasion fournie par les avions kamikazes de
New York pour instaurer un état de guerre généralisée. Les Etats-Unis ayant
rappelé que si on n‚était pas avec eux, on était contre eux, chaque Etat
allié s‚est empressé de s‚identifier à leur paranoïa et d‚adopter le statut,
Ô combien pratique, de la démocratie en péril ðMais de quelle guerre nous
parle-t-on ? Ni les Etats-Unis, ni a fortiori la France, n‚ont été attaqués
militairement, par contre, sous couvert de garantir une paix intemationale,
ils poursuivent manu militari le pillage organisé des richesses du monde,
faisant et défaisant les régimes politiques au gré de leurs intérêts. Et
dans ce cas, le nombre de morts importe peu : a-t-on fait 3 minutes de
silence pour un million de Rwandais tués ?
Depuis plusieurs décennies, l‚intrusion de Big Brother dans les rapports
sociaux se fait de plus en plus efficace. Le 11 septembre aura permis
l‚adoption brutale de lois qui accélèrent ce processus déjà engagé. La
période électorale déjà traditionnellement propice aux grandes déclarations
ultra sécuritaires servira, une fois n‚est pas coutume, à faire accepter ce
qui est déjà décidé. Ce n‚est pas le thème de la sécurité qui sert les
élections mais les élections qui servent le tout sécuritaire.
Sous nos latitudes, la guerre ne s‚est pas manifestée comme on nous l‚avait
annoncé sous forme d‚explosion (sauf celle de l‚usine AZF de Toulouse qu‚il
faut attribuer à Thierry Desmaret, PDG de Total et non pas à Ben Laden),
mais bien par des lois d‚exception :
- Vigipirate renforcé intensifie le quadrillage policier de l‚espace
public
et auguemente le pouvoir des forces de l‚ordre.
- La loi sur la sécurité quotidienne ð antérine cette présence policiðre
et
criminalise toujours plus la pauvreté, isole chacun et rend plus difficiles
les rencontres et les rassemblements.
- Pour encore plus de sécurité, les lois anti-terroristes verrouillent le
dispositif en étendant leur champ d‚application à tout ce qui s‚oppose à
l‚Etat et à la bonne marche de l‚économie. La définition du terrorisme
s‚élargit, ne concerne plus seulement l‚acte mais l‚intention, voire la
simple opinion.
On n‚assiste pas seulement à la construction d‚une forteresse Europe mais
surtout à celle d‚une entreprise Europe où régnerait un niveau de
surveillance et de contrÔle en vue d‚une exploitation systématique des
richesses naturelles et d‚une rentabilisation optimale du travail humain.
Sous couvert d‚une réduction du temps de travail, on introduit une
flexibilité qui engeandre toujours plus de précarité et des délocalisations
pour les pays occidentaux - qui cherchent en fait les mains d‚oeuvre les
moins co¶teuses et les plus corvéables un peu partout dans le monde. Mais
loin de les faire disparaitre, l‚ouverture des frontières aux capitaux et
aux marchandises généralise le contrÔle des migrants pauvres partout sur le
territoire. La liberté de mouvement fait peur, l‚idée répendue selon
laquelle on ne peut pas accueillir toute la misère du monde cache mal le
fait qu‚içi comme partout c‚est de cette misère que sont tirés les plus gros
bénéfices.
L‚arsenal répressif ne sert qu‚à rendre tangible ce projet totalitaire qui
se voudrait inéluctable, présentant les riches comme immortels et les
pauvres comme condamnés. Pour ceux qui ne sont ni l‚un ni l‚autre et qui
auraient la lucidité de se reconnaitre comme dépossédés, ce dispositif
fabrique de faux ennemis (les émigrés, les chÔmeurs, les délinquantsð) qui
deviennent les boucs émissaires et servent à camoufler les ennemis de
classe.
Les financiers, les industriels, les dirigeants s‚accaparent toutes les
richesses, transformant tout ce qui est vivant (l‚eau, les semencesÉ) en
bien privé, exploitant à court terme et au risque de les détruire les
équilibres naturels et la planète. Pour se garantir l‚assentiment du plus
grand nombre, c‚est-à-dire de ceux qui travaillent à faire fructifier des
biens qui ne leur appartiennent pas, ils incitent les individus à entrer
dans le club des propriétaires en leur proposant d‚acquérir quelques miettes
qu‚il leur faudra protéger de la convoitise d‚autrui.
Le délire sécuritaire actuel a un seul et unique avantage, celui de faire
remonter à la surface cette question de fond : celle de la liberté.
Politiques et médias ne cessent de nous renvoyer au la bon vieil adage selon
lequel «la liberté de chacun s‚arrête là où commence celle de l‚autre,
posant comme préambule qu‚il faut se preserver d‚autrui. On en arrive à une
conception délirante de la liberté : plus je me protège, plus je suis libre;
donc plus je m‚enferme, plus je suis libre; en bref, plus je suis libre,
moins je suis libre. La logique sécuritaire ne peut qu‚être aux antipodes de
la liberté : elle n‚apporte qu‚isolement, paranoïa et soumission.
ætre citoyen c‚est participer activement ou passivement à cet état des
choses : accepter l‚idée que les seules transformations possibles sont de
l‚ordre de l‚aménagement, de la participation et du «droit de regard. ætre
citoyen c‚est surveiller et dénoncer ses semblables qui feraient mine de
déroger aux règles communes. C‚est bien cher payé pour de maigres avantages.
L‚idée qu‚on ne puisse pas parler de liberté tant qu‚un seul être en est
privé semble être passée aux oubliettes : pourtant la liberté n‚est pas un
état individuel mais un rapport social, à construire, contre le système
capitaliste.
à Paris, le 1 avril 2002
Contact : Contre les lois sécuritaires C/o Pour en finir avec toutes les
prisons
CICP, 21 ter rue Voltaire 75012 Paris
e-mail :
envolee@internetdown.org
POUR QUI ? POUR QUOI ? COMMENT ?
Nous savons ce que vous faites
Comme si l'Etat craignait des débordements de la part de ceux qu'il exclue,
précarise, et qui ne se satisferaient pas des maigres allocations octroyées,
il s'est doté d'un véritable arsenal répressif digne d'un régime
totalitaire.
La police peut désormais légalement perquisitionner sur réquisition d'un
procureur des véhicules avec ou sans le propriétaire, des locaux qui s'ils
ne sont pas des habitations peuvent être visités à n'importe quelle heure du
jour ou de la nuit sans l'assentiment de la personne morale chez qui elles
ont lieu. Cette loi concerne donc l'ensemble des locaux associatifs, des
entreprises, donc à fortiori des lieux de travail occupés.
Concernant les appels téléphoniques, les opérateurs de communications sont
tenus de conserver jusqu'à un an certaines catégories de données techniques
pour les besoins d'une enquête judiciaire. Les fournisseurs de prestation de
cryptologie peuvent être tenus de remettre aux agents habilités les
conventions permettant le déchiffrement des données, ceci afin de permettre
le contrÔle des communications circulant sur le Net.
Les agents de surveillance, de gardiennage et de transports de fonds des
entreprises privées peuvent procéder à des palpations de sécurité avec le
consentement des personnes. Cette mesure s'applique plus particulièrement
aux zones de fret, d'aéroports, de zones portuaires comme tout autre lieu
déterminé par une décision préfectorale : stade, galerie commerçante,
meeting, etc.
nous savons qui vous êtes
En 1998, le fichier national automatisé des empreintes génétiques (le FNAEG)
géré par la police, voit le jour. Il répertorie toutes les personnes
condamnées pour des infractions sexuelles et toutes les traces d'ADN non
indentifiées recueillies lors des enquêtes de police, quel que soit le crime
ou le délit. La loi du 15 novembre 2001 a élargi le fichier à d'autres types
de délit : atteinte à la vie de personne, torture et barbarie et violences
volontaires ; vol, extorsion, destruction, dégradation et détérioration
dangereuse pour les personnes ; crimes constituant des actes de terrorisme.
L'habile formulation laisse penser que ce sont uniquement les faits
extrêmement graves qui sont concernés : en réalité, toutes ces catégories
confondues représentent 50% des condamnés.
Papiers !
Comme toujours les progrès technologiques permettent d'optimiser les
contrÔles des populations.
Le SIS (système d'information Schengen) est un fichage commun à l'Allemagne,
l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la France, l'Italie, le Luxembourg, les
Pays-bas, le Portugal. Il contient à ce jour plus de 13 millions de
signalements (personnes, objets, véhicules). Il est composé d'un fichier
central situé à Strasbourg. En France, le SIS est accessible par 15000
terminaux, aux mains de la police, de la gendarmerie, des préfectures, des
services des ministères de l'intérieur et des affaires étrangères. Il est
entre autres consultable de chacun des 6000 terminaux mobiles de la
gendarmerie nationale. Dans ce champ de "sécurité intérieure" sont connectés
puis rendus indistinctes les afaires de drogue, de vol, d'immigration et de
terrorisme.Où que vous soyez nous vous trouverons
Avec le mandat européen, à partir de janvier 2003, l'Espagne, la France,
l'Angleterre, la Belgique et le Portugal constitueront un seul territoire
policier et juridique, puis en 2004 ce sera appliqué à toute l'Europe. Une
personne inculpée sera remise aux autorités du pays où le délit a été
commis. Déjà aujourd'hui, les frontières juridiques se sont estompées,
puisque par exemple des manifestants espagnols arrêtés lors des
manifestations de Gênes, en Italie, voient leur affaire instruite à
Saragosse en Espagne par un tribunal d'exception dont le procureur sera de
nationalité italienneð Jusque là les inculpés pouvaient déposer des recours
qui permettaient au moins de retarder, sinon de sursoire à l'exécution de la
demande d'extradition. Les délais permettaient et de mobiliser sur certaines
méthodes policières notamment en Espagne où une centaine de cas de tortures
ont été recensées en 2001. D'autre part, les Italiens qui risquaient de
nombreuses années pour des délits à caractère politique ont pu trouver
refuge dans d'autres pays européens et attendre pour certains une amnistie
possible. BientÔt, la procédure d'extradition sera obsolète, les mandats de
recherche et d'arrêt visant toute personne seront immédiatement exécutoires,
sans contrÔle judiciaire, les remises de police à police seront
systématiques, l'autorité judiciaire ne sera plus consultée. Les maigres
possibilités qu'offraient les recours juridiques aux extradables et à leurs
avocats sont réduites à néant.sinon on vous enterre
Le projet de loi pénitentiaire formulé par le ministère de la justice
confirme que bien plus que quelques concessions sur les conditions de
détention, il s'agit de rendre légal ce qui était jusque là arbitraire. Sous
couvert d'hygiène et de modernisme, 8000 places supplémentaires de prison
doivent être construite et la conception de ces nouvelles prisons repose
exclusivement sur plus de sécurité et plus d'isolement. Des petites unités
avec peu de prisonniers, des déplacements limités et strictement contrÔlés,
tout est conçu pour qu'il y ait le moins de contacts possible. Pour les
prisonniers considérés comme dangereux (ceux qui ont tenté de s'évader, ceux
qui ont participé à des mouvements, ceux qui refusent de se soumettre) sont
prévues des prisons de type sécuritaire comparables aux anciens QHS. Ces
prisons dites de niveau 3 serviront à contenir la révolte, le désespoir, la
folie des hommes et femmes condamnés à des peines éliminatrices. Pour
assurer complètement cet isolement la loi pénitentiaire légalise la loi du
silence et prévoit de pénalise (6 mois fermes et 50000F d'amende) les
intervenants extérieurs qui auraient envie de témoigner sur les
dysfonctionnements ou les violences qui sévices à l'intérieur des murs.
Enfin la loi prévoit aussi que devienne légal le port d'armes dites blanches
pour les matons.
Chacun chez soi
Après avoir fermé ou institutionnalisé l'ensemble des lieux d'activités ou
de rencontres, l'Etat tente jusqu'au bout de renvoyer chacun chez soi à
bouffer de la télé. L'article 126.2 du code de la construction et de
l'habitation stipule que les propriétaires ou exploitants d'immeubles
peuvent, en cas d'occupation des espaces communs par des personnes qui
entravent l'accès et la libre circulation des locataires ou empêchent le bon
fonctionnement des dispositifs de sécurité et de sureté, ou nuisent à la
tranquillité des lieux, faire appel à la police ou à la gendarmerie pour
rétablir la jouissance paisible des lieux. Les forces de l'ordre se
déplaçant rarement pour rien, il leur est aisé de conclure leur opération
par une inculpation d'outrage et rébellion. Pour parfaire le dispositif, de
nombreuses sociétés de HLM ont déjà projeté d'installer des caméras de
surveillance dans les halls d'immeuble et de déposer une plainte permanente
qui permet des interventions plus rapides.
Que personne ne bougeð
Ce sont les Etats qui ont toujours défini le terrorisme : les définitions
varient selon les situations particulières à chaque pays et à chaque
période. Dans l'énumération des tâches du directeur du FBI, en 1981, on
lisait que "le terrorisme consiste en une utilisation illicite de la force
et la violence contre des personnes ou des biens dans le but d'intimider ou
de contraindre un gouvernement, la population civile ou une partie de
celle-ci, dans la poursuite d'objectifs politiques ou sociaux." Cette
définition a servi de base à la proposition de la commission européenne en
2001: celle-ci l'a étendue en ajoutant aux meurtres, chantages, prises
d'otages, etc une série d'autres actes plus proches de la désobéissance
civile ou de moyens de luttes syndicales ou autonomes (occupations de lieux
publics ou d'infrastructures, manifestations, sabotagesð). Tous les moyens
de lutte traditionnels étaient plus difficilement répréhensibles parce que
le rapport de forces les imposaient même dans un cadre dépassant la légalité
; aujourd'hui, en espérant mettre à bas toutes les formes, les moyens, les
projets qui s'opposent à lui, l'occident économique prévoit de punir non
plus seulement les actes mais surtout l'intention des actes et cherche à
briser les conflits et détruire les idées subversives par la peur de la
répression.Billet !
Le mouvement des chÔmeurs et des précaires avec une partie des employés
SNCF, revendique la gratuité des transports. De ce débat, rien n'aura été
retenu, bien au contraire dorénavant toute personne qui aura de manière
habituelle voyagé en train sans être munie d'un titre de transport valable
sera puni de 6 mois d'emprisonnement et 7500 euros d'amende, l'habitude est
constatée dès lors que la personne concernée a fait l'objet sur une période
inférieure ou égale à douze mois de dix contraventions. Outre le fait de
pénaliser les personnes qui ne peuvent pas se payer les transports dont les
coûts sont de plus en plus prohibitifs, l'Etat institue à leur égard une
sorte de contrainte par corps qui jusqu'à présent était réservée aux amendes
douanières. Un service informatique de recoupement des informations
concernant les antécédants des fraudeurs peut être interrogé. Ce central est
situé à Rennes. De plus, les services internes de sécurité de la RATP et de
la SNCF peuvent être autorisés à porter une arme.

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14) UN TEXTE PREMONITOIRE DE P. BOURDIEU
Geneviève Pons nous transmet ce texte paru dans le Monde en 98
Pour une gauche de gauche.
P. Bourdieu
Il est temps que le quatuor Jospin, Chevènement, Hue, Voynet se
rappelle que les majorités de gauche ont conduit au désastre chaque
fois qu'elles ont voulu appliquer les politiques de leurs adversaires
et pris leurs électeurs pour des idiots amnésiques.
Quinze jours après le vendredi noir des élections aux présidences
régionales, les guérisseurs en tout genre s'affairent au chevet de la
République. Pour l'un, un changement de régime électoral permettrait à
la démocratie de retrouver ses belles couleurs modérées. Pour un autre,
juriste savant, une révision du système électoral remettrait en état de
marche une démocratie paralytique. Pour un troisième, ancien ministre
et fin stratège, c'est l'absence d'un "centre" qui a transformé l'Etat
en bateau ivre, oscillant de droite à gauche et de gauche à droite, au
risque de sombrer à l'extrême droite.
Le plus haut personnage de l'État, dans un rôle de père noble un peu
trop grand pour lui, tance les partis comme des gamins turbulents et
promet le changement de règle qui permettrait au jeu de reprendre sans
les skinheads. Un ancien candidat à la présidence de la République,
dans un éclair de lucidité tardive, se demande si les électeurs n'en
ont pas assez de revoir depuis trente ans la même comédie. Les experts
en résultats électoraux évaluent au pour cent près les potentiels
électoraux des nouvelles coalitions en gestation. Les trois derniers
présidents de région mal élus plastronnent déjà sur les plateaux de
télévision : loin d'être des otages, ils sont des remparts, ils n'ont
embrassé le Front national que pour mieux l'étouffer. Pour un peu, ils
convieraient leur conseil régional à voter d'urgence l'érection de leur
propre statue, histoire d'aider les artistes locaux, la culture
régionale et le civisme républicain.
Mais devant le triste spectacle de nos médicastres
politico-médiatiques, la dérision ne suffit pas. La réponse
"nouvelle"qu'ils prétendent apporter à la fascisation d'une partie de
la classe politique et de la société française est à leur image,
superficielle.
Ils restreignent le cercle des questions gênantes au vade-mecum
habituel du futur candidat à la prochaine élection : comment ne pas
perdre les européennes, comment préparer les législatives en cas de
nouvelle dissolution, à quel nouveau parti vaut-il mieux adhérer ? Et
bientôt : comment rallier les voix du centre en déshérence ? etc. C'est
cette conception de la politique qui est depuis plusieurs années
l'alliée la plus sûre du FN : instrumentale et cynique, plus attentive
aux intérêts des élus qu'aux problèmes des électeurs, elle n'attend de
solution que de la manipulation des règles du jeu électoral et
médiatique.
Les vraies questions sont d'une tout autre ampleur : pourquoi, en moins
d'un an, la gauche "plurielle" a-t-elle cassé la dynamique de sa
victoire à l'arraché alors qu'elle n'a pas même l'alibi d'indicateurs
économiques en déroute ? Pourquoi a-t-elle suscité des déceptions dont
ses résultats électoraux interprétés comme des victoires ne donnent
qu'une faible idée ? Pourquoi, par exemple, tant de suffrages pour les
organisations qui se veulent ou se disent hors du jeu politique ?
Pourquoi une partie de la droite en perdition préfère-t-elle se
radicaliser alors qu'elle est au pouvoir à travers une gauche qui
réalise tous ses rêves ?
Avec sa tentation extrémiste, la droite rejoue une partie déjà perdue
par le centre et la droite allemands au début des années 30, sous la
République de Weimar. L'Etat impotent suscite l'indifférence massive
des électeurs pour la République : il est clair qu'on ne va pas voter
pour répartir des prébendes, étouffer des scandales, vendre des
services publics au plus offrant, s'en remettre à des bureaucraties
inamovibles et inaccessibles, nationales et internationales.
En implosant, la droite française retourne aux origines troubles du
régime qu'elle a fondé. Quand les conservateurs ne savent plus quoi
conserver, ils sont prêts à toutes les révolutions conservatrices. La
persistance du succès électoral d'un parti comme le Front national,
dont le programme appliqué ferait la ruine de ses électeurs les plus
démunis, n'exprime souvent rien d'autre que l'aversion à l'égard d'un
personnel politique obstinément sourd et aveugle au désarroi des
classes populaires.
Les faux-semblants de la gauche "plurielle" déçoivent les électeurs de
gauche, démobilisent les militants, renvoient vers l'extrême gauche les
plus exaspérés. Il n'est guère étonnant que les premiers à protester
aient été les premiers floués de la démagogie "plurielle" d'une gauche
vraiment singulière : les sans-papiers, les chômeurs, les enseignants.
Une réforme électorale ne suffira pas à calmer les revendications
auxquelles des ministres répondent par la charité ostentatoire, le
saupoudrage calculé ou les tours de passe-passe rusés. Quand ils ne se
laissent pas aller à des outrances verbales arrogantes ou démagogiques,
toutes à l'opposé de la générosité enthousiaste d'un message
mobilisateur, voire à des pratiques tragiquement semblables à celles de
leurs prédécesseurs.
La gauche officielle a bien du mal à se débarrasser de l'héritage
douteux du mitterrandisme. Elle irrite ses fidèles sans pouvoir
attendre de ses ennemis le moindre signe de satisfaction. Elle profite
provisoirement de la médiocrité de ses adversaires sans proposer autre
chose qu'une politique au jour le jour qui ne change rien d'essentiel
dans la vie quotidienne de la grande majorité des citoyens. Le jour du
bilan, peut-être plus proche qu'elle ne croit, avec la menace de
nouveau disponible de la dissolution, que pourra-t-elle invoquer pour
mobiliser les abstentionnistes, les dissuader de voter pour le FN ? Les
emplois-jeunes pour quelques-uns, les 35 heures en peau de chagrin, la
rigueur ininterrompue, une réforme de l'éducation transformée en show
ministériel, la fuite en avant vers l'Europe des banquiers ? Croit-on
pouvoir tromper longtemps l'attente d'une Europe sociale avec une
"gauche plurielle européenne" animée par la troïka néo-libérale
Blair-Jospin-Schröder ?
La gauche de base croit encore à la République sociale : il est temps
que le quatuor Jospin, Chevènement, Hue, Voynet se rappelle que les
majorités de gauche ont conduit au désastre chaque fois qu'elles ont
voulu appliquer les politiques de leurs adversaires et pris leurs
électeurs pour des idiots amnésiques. Les vraies réponses à la
fascisation rampante ou déclarée ne peuvent venir que des mouvements
sociaux qui se développent depuis 1995. A condition que l'on sache les
entendre et les exprimer au lieu de travailler à les déconsidérer par
la diffamation publique ou les coups fourrés d'anciens apparatchiks
politiques convertis en hommes d'appareil d'Etat. Ils suggèrent en
effet des perspectives politiques et avancent même parfois des projets
et des programmes constitués.
La pression locale, dans certaines régions de gauche, a contribué à
rappeler à la raison la droite la moins aveugle. Les manifestations
anti-FN témoignent d'une capacité militante qui ne demande qu'à
défendre des causes plus ambitieuses que le seul refus du fascisme. Le
mouvement pour le renouveau des services publics - et notamment pour
une éducation nationale plus juste, tel qu'il s'exprime aujourd'hui en
Seine-Saint-Denis - est à l'opposé de la crispation identitaire sur une
institution archaïque : il affirme la nécessité de services publics
efficaces et égalitaires dans leur fonctionnement et dans leurs effets.
Le mouvement des sans-papiers, voué aux gémonies par les "responsables"
de tous bords, est une résistance collective face à la politique obtuse
qui, au nom de la lutte contre Le Pen, prend souvent ses idées et ses
armes chez Le Pen (avec le succès que l'on sait...). Le mouvement des
chômeurs apparaît comme une "lutte tournante", sans cesse recommencée
contre les effets destructeurs de la précarisation généralisée. Les
mouvements récents contre l'AMI et pour la taxation des capitaux
témoignent de la montée en puissance de la résistance au néolibéralisme
: elle est, par nature, internationale.
Ces forces que nos professionnels de la manipulation suspectent d'être
sous l'emprise de manipulateurs extérieurs sont encore minoritaires
mais, déjà, profondément enracinées, en France comme dans d'autres pays
européens, dans la pratique de groupes militants, syndicaux et
associatifs. Ce sont elles qui, en 'internationalisant, peuvent
commencer à s'opposer pratiquement à la prétendue fatalité des "lois
économiques" et à humaniser le monde social. L'horizon du mouvement
social est une internationale de la résistance au néolibéralisme et à
toutes les formes de conservatisme.Ce texte a été élaboré dans le cadre de l'association Raisons d'agir
avec Christophe Charle, Bernard Lacroix, Frédéric Lebaron et Gérard
Mauger. Le Monde, 08/04/1998.

Ouf,
A bientôt,
Frédéric.

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